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"Hamlet (ou les suites de la piété filiale)", Cie 36 Eleusis - La Loge Théâtre
Théâtre
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Au-dessus du 77 de la rue de Charonne, sur une discrète enseigne jaune, s’affiche un L construit de briques. L’une d’elles, tombée de sa place au sommet de l’édifice traine au sol. La pierre qu’un architecte refuse sera toujours la pierre angulaire. Peu d’espaces à Paris permettent un accès à une nouvelle génération d’artistes. De la rue de la Bruyère à la rue de Charonne c’est le symbole fort de « La Loge », salle de spectacles et concerts dont l’objectif est de promouvoir les jeunes créateurs. Depuis trois mois elle s’est installée dans son nouveau territoire, plus spacieux, recevant ainsi davantage d’initiés.
S’objectiver est justement l’un des constats que le mythe d’Hamlet revisité par la plume de Jules Laforgue établit. S’objectiver pour exister dans ce monde de capital où la moralité n’est plus capitale, d’accord mais comment ? Au cours du spectacle grâce au sens des mots, à la limpidité de la mise en scène, et au talent du jeune Maxime Kerzanet, des pistes apparaissent.
Exister par la fuite vue comme une prise de distance par rapport à la société, lorsqu’Hamlet part avec Kate définir un autre possible. Exister par la poésie, arme brisant les barrières du réel par l’imaginaire. Exister malgré la mort du père car l’on est encore présent, donner un sens à l’instant, au temps d’une vie. Le parcours d’Hamlet exprime cette confrontation entre l’idéal et la réalité.
Pas de complexité pour mettre en forme les mots de Laforgue, juste utilisation des médias, minimalisme du décor, ingénieuses trouvailles, créant l’alchimie donnant la cadence à la décadence du mythe.
Le mythe tient en une phrase. Hamlet fils du roi du Danemark ne peut se venger de Claudius son frère parricide et s’échappe dans sa folie. La compagnie des 36 Eleusis nous présente un Hamlet en coulisses, hors des scènes écrites par Shakespeare. Elle s’amuse à nous le présenter dans sa profonde intimité.
Une intimité dans laquelle le public s’immisce du début jusqu’à la fin sans voir le temps passer. L’interprétation remplie de folie, de force et de justesse de Maxime Kerzanet, seul au plateau, est le point de convergence entre le poème (le passé) et les spectateurs (le présent). Elle stimule l’imaginaire et donne un regard nouveau sur le monde (futur). Le temps s’unit lors de la représentation et l’on ressort ensuite de « la loge » initiés au secret d’un texte.
A voir les 21, 22, 23 et les 28, 29 et 30 décembre à La Loge Théâtre
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