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 Alfred Hitchcock - "Le Rideau Déchiré" (1966, reprise)

 Aaron Fernandez - "Palma Real Motel"

 Sidney Lumet - "Le Prêteur sur gages" (1964)

 Richard Linklater - "Boyhood"

 Bill Douglas – "Comrades" (1987)

 John Frankenheimer - "Seconds, l'opération diabolique" (1966)

 Paris Cinéma 2014 (1) - "Jauja", "Chemin de croix" et "Sunhi"

 Paris Cinéma 2014 (2) - "L'incident" et "Seconds"

 Paris Cinéma 2014 (3) : "Party Girl" et "A Cappella"

 Paris Cinéma 2014 (4) - "Au Revoir l'été" et "Mange tes Morts"

 Paris Cinéma 2014 (5) - "L'institutrice" de Nadav Lapid

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 Joseph L. Mankiewicz - "Chaînes Conjugales" (1949)

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William Wyler - "Les plus belles années de notre vie" (1946)

Hors Actu
Posté par Leo percepied le 2007-05-07



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Autant l'avouer tout de suite : je n'ai jamais été autant ému par un film que lors de la découverte de ce chef d'œuvre. Pourtant, rien de ce qui est montré à l'écran ne me touche personnellement. Je veux dire que l'émotion qui gagne n'a rien à voir avec une forte identification aux personnages, des analogies avec mon histoire personnelles ou mes obsessions propres. Cette émotion est entièrement due à la magie du cinéma ! Le film raconte la difficile réinsertion de trois soldats américains après la seconde guerre mondiale. Le premier (Harold Russell) a perdu ses 2 bras et ne sent plus capable d'apporter le bonheur à sa promise. Le second (Fredric March), banquier de son état, a bien du mal à se ré-acclimater aux exigences de son métier et se retrouve désemparé devant sa fille (Teresa Wright, la Charlie de l'ombre d'un doute) devenue une femme pendant son absence. Enfin, le dernier (Dana Andrews) découvre que sa femme (Virginia Mayo), épousée à la hâte avant de partir au front est bien éloignée de l'image qu'il pouvait en avoir et partage peu de chose en commun avec lui. Tout cela peut sembler cousu de fil blanc et pourtant on est bien en face de la perfection faite film. Chaque composante du film (mise en scène, interprétations, scénario, dialogues, musique) mérite les éloges, comme si tous les intervenants avait donné le meilleur d'eux-mêmes pour réussir l'amalgame parfait de leurs talents. Je n'ai ressentis ça que devant 2 autres films : Vertigo d'Hitchcok et Mulholland Drive de Lynch. Pour commencer, la distribution est vraiment magnifique et on n'exagérerait à peine si on disait que chacun des acteurs principaux trouve ici le rôle de sa vie. En tout cas, personne ne niera que c'est le cas d'Harold Russell. Cet ancien parachutiste qui perdit ses deux bras le jour du débarquement en Normandie n'avait rien d'un acteur professionnel et Wyler décida de l'engager après l'avoir aperçu dans un film d'instruction militaire. Ceci rajoute évidemment une force indéniable au film mais était aussi sacrément casse-gueule, le danger étant bien sur de tomber dans le voyeurisme malsain. La sensibilité avec laquelle Wyler filme les scènes les plus risquées écarte rapidement ce risque : Il faut voir la scène où le personnage joué par Russel, après bien des réticences, se fait aider par sa fiancée pour enlever ses prothèses. Celui qui n'a pas versé une larme en voyant ça ne mérite que mépris et on imagine avec horreur ce qu'aurait pu donner une telle scène devant la caméra d'un réalisateur moyen. L'autre tour de force du film c'est d'être par moment digne des meilleures comédies américaines de l'époque avec des scènes hilarantes (il faut voir Fredric March jouer l'ivrogne !) et des répliques qui font mouche (L'année dernière, le mot d'ordre c'était " Tuez du Jap ", cette année c'est " Faites de l'argent ! ") pour ensuite devenir le plus poignant des mélodrames fortement ancré dans le réel et l'actualité. A ce propos, il est incroyable que ce film ait été tourné au moment où les choses qu'il décrit se passaient réellement. Connaissant ce manque de recul la justesse de ton parait invraisemblable ! Un autre point fort du film est sa grande richesse thématique. En suivant les trois protagonistes, le film nous parle successivement des rapports parents-enfants, des rapports amoureux (des histoires d'amours naissent, d'autres meurent et d'autres encore reprennent vies), des difficultés sociales et économiques de l'époque, de la guerre et de la façon dont elle a été vécue, de sa légitimité, des rapports de classes (mis entre parenthèse au front mais qui resurgissent dans le civil), etc. Mais nulle dispersion ici, malgré le nombre élevé de sujet abordé : le traitement successif de ces sujets s'inscrit parfaitement dans le récit. Tout ça est traité avec finesse et même si le point de vue du film sur ses sujets est sans doute légèrement conservateur, Wyler trouve toujours la bonne distance pour éviter d'imposer lourdement des convictions idéologiques. Le film reçu 9 oscars à sa sortie et pour une fois ils étaient amplement mérités !



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William Wyler - "L'Héritière" (1949) (DVD)


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Commentaires
De : renato

ce film est un veritable che f d oeuvre ! je l'ai vu en 1946 j avais 20 ans et revenait de la guerre et je me suis tout de suite senti en osmose

De : noodles

yep un chef d'oeuvre ! je l'ai vu en 1986 j'avais 20 ans et revenait de mes 3 jours au fort de vincennes où l'on me classa P4 sans sourciller et je me suis moi aussi senti en osmose....

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