
William Wyler - "Les plus belles années de notre vie" (1946)
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Autant l'avouer tout de suite : je n'ai jamais été autant ému par un film que lors de la découverte de ce chef d'œuvre. Pourtant, rien de ce qui est montré à l'écran ne me touche personnellement. Je veux dire que l'émotion qui gagne n'a rien à voir avec une forte identification aux personnages, des analogies avec mon histoire personnelles ou mes obsessions propres. Cette émotion est entièrement due à la magie du cinéma ! Le film raconte la difficile réinsertion de trois soldats américains après la seconde guerre mondiale. Le premier (Harold Russell) a perdu ses 2 bras et ne sent plus capable d'apporter le bonheur à sa promise. Le second (Fredric March), banquier de son état, a bien du mal à se ré-acclimater aux exigences de son métier et se retrouve désemparé devant sa fille (Teresa Wright, la Charlie de l'ombre d'un doute) devenue une femme pendant son absence. Enfin, le dernier (Dana Andrews) découvre que sa femme (Virginia Mayo), épousée à la hâte avant de partir au front est bien éloignée de l'image qu'il pouvait en avoir et partage peu de chose en commun avec lui. Tout cela peut sembler cousu de fil blanc et pourtant on est bien en face de la perfection faite film. Chaque composante du film (mise en scène, interprétations, scénario, dialogues, musique) mérite les éloges, comme si tous les intervenants avait donné le meilleur d'eux-mêmes pour réussir l'amalgame parfait de leurs talents. Je n'ai ressentis ça que devant 2 autres films : Vertigo d'Hitchcok et Mulholland Drive de Lynch. Pour commencer, la distribution est vraiment magnifique et on n'exagérerait à peine si on disait que chacun des acteurs principaux trouve ici le rôle de sa vie. En tout cas, personne ne niera que c'est le cas d'Harold Russell. Cet ancien parachutiste qui perdit ses deux bras le jour du débarquement en Normandie n'avait rien d'un acteur professionnel et Wyler décida de l'engager après l'avoir aperçu dans un film d'instruction militaire. Ceci rajoute évidemment une force indéniable au film mais était aussi sacrément casse-gueule, le danger étant bien sur de tomber dans le voyeurisme malsain. La sensibilité avec laquelle Wyler filme les scènes les plus risquées écarte rapidement ce risque : Il faut voir la scène où le personnage joué par Russel, après bien des réticences, se fait aider par sa fiancée pour enlever ses prothèses. Celui qui n'a pas versé une larme en voyant ça ne mérite que mépris et on imagine avec horreur ce qu'aurait pu donner une telle scène devant la caméra d'un réalisateur moyen. Retrouvez d'autres articles sur William Wyler : William Wyler - "L'Héritière" (1949) (DVD)
Commentaires
De : renato ce film est un veritable che f d oeuvre ! je l'ai vu en 1946 j avais 20 ans et revenait de la guerre et je me suis tout de suite senti en osmose De : noodles yep un chef d'oeuvre ! je l'ai vu en 1986 j'avais 20 ans et revenait de mes 3 jours au fort de vincennes où l'on me classa P4 sans sourciller et je me suis moi aussi senti en osmose.... Insérer un commentaire : |
