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Benoit Delepine/Gustave Kervern - "Louise-Michel"

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Posté par Lucie-Bruno le 2008-12-20



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Le troisième film du tandem Délépine/Kervern sort ce mercredi 24 décembre. C'est une petite merveille d'humour vache, de sentiments nobles et de contexte social teinté du surréalisme et d'absurde. C'est aussi un film à multiples facettes qu'il est difficile de résumer ou synthétiser tant le propos est riche et fécond.


Louise-Michel c’est un film sur la lutte des classes, sujet toujours d'actualité, un film de révolutionnaires tranquilles.

Louise Michel, pour ceux qui l’ignorent, est un personnage historique lié aux événements de la Commune et au mouvement anarchique, devenu le symbole de la défense du prolétariat. Dans le film, le personnage joué par Yolande Moreau, Louise, est à priori l’incarnation symbolique de la figure de cette Louise Michel.

C’est elle en effet qui prendra la parole auprès de ses collègues de l’usine et d’infortune, les victimes des grands patrons et des mutations naturelles du capitalisme (toujours plus, toujours plus d’efficacité). Cette prise de parole mènera à une mini-révolution, sanglante qui plus est, à laquelle Michel viendra apporter tout son poids (tous ses poids plutôt, le physique et le psychologique). Louise comme élément moteur de cette vengeance et Michel comme son bras armé, une dichotomie qui en appelle à une autre, inscrite en filigrane au fil des images, celle de notre monde en fait, et la radicalisation croissante entre les méandres de la finance mondiale d’un côté et le système D de l’autre.

La finance d’un côté, pour faire très simple, est un monde opaque où chacun s’avère le pion de l’autre, un monde filmé ici de loin (d’aussi loin que Louise et Michel s’en approchent) et avec un souci certain du réalisme. Le message laissé ici par Délépine et Kervern est un peu plus subtil que cette litanie attendue puisque la trame même du film, la vengeance, trouve un ressort comique dans l’impossibilité pour les justiciers de mettre un nom (ou un visage) sur le vrai responsable (sans oublier toutefois de mettre une petite couche pour tous les falots de province, les sous-fifres minables au pouvoir microscopique mais légitimé et qui en abuse).

De l’autre côté c’est le règne du sauve-qui-peut et du système D (c’est un pigeon ou un lapin capturés pour se nourrir, ce sont des moyens de transport hasardeux, ce sont des logements qui le sont tout autant, c’est un pot commun pour se venger). Le Système D oui mais il rime ici avec adaptabilité. Rien n’est jamais définitif et on s’arrange toujours avec ce qu’on a sous la main en toutes circonstances, même en prison d’ailleurs puisqu’on y fait un enfant !

Ces personnes là plient l’échine, puis à un moment donné, un moment voulu ou subi, décident de dire stop. Sans forcément y réfléchir, sans prise de conscience aigüe ni séances de brainstorming à plusieurs : ici les réunions servent à danser la farandole ou à boire un coup et proposer d’hasardeux moyens de faire fructifier le maigre pécule. Non, cela va de soi en fait, tout simplement et tout calmement, comme une seule expression de bon sens. On repense alors à une brève scène de Aaltra lorsque le personnage joué par Gustave Kervern se retrouve à tenter de son fauteuil roulant d’alpaguer les passants pour leur soutirer de l’argent en leur criant « T’as jamais eu faim toi hein ? T’as jamais eu froid ». L’idée finalement que ça sera nous ou eux, et qu’en dernier ressort il n’est pas question que cela soit eux.

Pour ce cadre général de l’histoire, sa matrice également et son élément moteur, on pense énormément au programme développé par les mêmes Délépine et Kervern du temps de Canal + autour de Don Quichotte et Sancho Panca modernes venus observer cette drôle de vie moderne. On retrouve dans ce film (dans tous leurs films) cette idée forte de personnages poursuivant une quête, de manière à la fois héroïque et ridicule.



Louise-Michel c’est un aussi un film sur Eros et Thanatos, un film traitant de biologie et de mystique.

Louise est Jean-Pierre et Michel est Cathy, deux êtres hybrides, deux anges au sexe indéfini qui n’ont apparemment pas été touchés par la grâce. La question des anges revient lorsque l’on songe qu’ils sont peut-être tous les deux les anges gardiens des employées de l’usine. Le film est tendu entre deux axes, à priori antagonistes, le biologique et le mystique, entre Eros et Thanatos, ces pulsions de vie et de mort qui régissent chaque être et qui partagent les anges.

On repense à ce qu’écrivait le jeune Walter Benjamin, « l’éros, l’amour, a pour seule orientation la mort commune des amants », sauf qu’ici la mort d’autrui a pour seule orientation l’amour des amants. Sans rien nous montrer, car il est question d’une grande pudeur autour des personnages, Gustave de Kervern et Benoît Délépine disent la réalité du sexe dans l’amour, ce que tous les hommes ont en commun et qui se matérialise par cette naissance miraculeuse (il y a quelque chose de christique dans cette reproduction réussie entre ces deux êtres plus ou moins hermaphrodites). Bien qu’ils sèment la mort autour d’eux, c’est bien un mouvement de vie qui anime Louise et Michel. Et bien qu’il n’y ait à priori rien d’érotique, pas d’essence féminine chez Michel, ce personnage se révèle capable d’enfanter… le biologique prend le dessus.

On pourrait donc aller jusqu’à penser qu’il y a quelque chose de darwinien dans cette histoire. Alors que Louise et Michel sont à priori les éléments les plus faibles parmi tous les personnages, que leur dur et fatigant vie quotidien mène à une vie peut-être plus courte et difficile que celles des riches patrons, ce sont eux qui s’adapteront le mieux à leur environnement, qui auront développer une plus grande résistance physique notamment, incarnant même chacun la mutation biologique la plus extrême qui soit, et ils se reproduiront même !


Benoit Poelvoorde, petit rôle et grand moment




Louise-Michel c’est un univers burlesque

Comme dans Aaltra ou dans le surréaliste Avida, il est question de burlesque, de personnages victimes de leur corps et de l’environnement qui les entoure. Un burlesque froid et absurde. La première scène du film par exemple qui met en scène un employé des pompes funèbres obligé de demander du feu à une famille réunie pour la crémation de leur père/mari… Plus encore que dans Aaltra et Avida, le burlesque nourrit sans cesse le film et son intrigue.

Une autre différence notable avec les deux précédents films du duo Kervern/Délépine : le choix d’une pellicule couleur. Celle-ci accentue la veine réaliste choisie et, en s'ajoutant à un fil narratif plus fluide et ténue que sur les deux précédents, contribue à faire de Louise-Michel un film pouvant plaisir à ceux qui aiment l'univers développé par Aaltra et Avida mais aussi une veine plus large du public, peut-être celle qui avait aimé Bernie de Dupontel (deux visions différentes d'un même monde).

Un petit mot sur le nom de l’entreprise, Nin Nin International, qui rappelle au passage que les employées donnent tout à leur travail, qu’elles rentrent le soir avec leurs problèmes de boulot, qu’elles trimballent ça comme les enfants leur nin-nin, bien qu’ici l’objet en question ne soit pas un objet sécurisant. Nin nin c'est aussi l’idée du jouet que l’on utilise à sa guise puis qu’on jette, tout comme les ouvrières.






Louise-Michel c’est un film qui aime les éclopés

Il est question de corps oui, mais d’éclopés surtout; des mal à l’aise dans le meilleur des cas sinon des accidentés, des dommages collatéraux de la vie. C’est là une constante dans leurs films : les fauteuils roulants d’Aaltra, les handicapés cérébraux d’Avida et des grands malades voire des mourants dans ce Louise-Michel sans même parler de la psyché oblique des principaux protagonistes.

L’hôpital est une image qui revient souvent dans leur filmographie, il est vu essentiellement comme lieu de détresse. Une détresse individuelle, celle des malades, car ceux qui viennent voir le malade/mourant ne souffrent jamais dans leurs films (la visite de la femme de Délépine dans Aaltra, ici Michel qui va voir sa cousine sans autre émotion que la gêne de se retrouver en visite chez les morts).

Autre constante chez notre duo, la question de l’individualité : Seuls, les personnages de leurs films ne sont jamais à l’aise, toujours bancals voire en détresse. Par contre à partir du moment où ils dénichent leur alter-ego (c’est le couple improbable d’Aaltra, c’est le petit groupe d’Avida, ce sont ici Louise et Michel) ou se fondent même simplement dans un groupe (comme les ouvrières qu’on ne voit parler qu’en groupe, qu’on ne voit s’amuser qu’en groupe, qu’on ne voit se venger qu’en groupe) cela rend de suite plus fort.

L’individu seul est inoffensif, triste, et perdu bien souvent, alors que l’équipée rend de suite plus fort et plus actif, efficace. Cette idée rejoint bien entendu celle propre à la lutte du peuple, au collectif qui prime sur l’individu. On peut éventuellement ici mettre en opposition le côté « fraternité » qui est un élément moteur (au moment du licenciement général ce n’est pas le sauve-qui-peut mais au contraire un petit conciliabule autour d’une Suze) et la « liberté » vue comme possibilité d’asservissement (je peux utiliser mes ouvrières puis les laisser sur le flanc sans l’ombre d’un remord, parce que « c’est mieux comme ça » alors je ne me prive pas de le faire et tant pis pour elles).





Louise-Michel c’est un film sur l’errance, une errance résolue

Les films de Délépine/Kervern sont comme des univers tournant sur eux-mêmes autour d’un axe fort, d’une terre inattendue : la Picardie. Voilà un monde à l’intérieur du monde, celui dans lequel les cinéastes posent leurs personnages, leurs histoires et les fils narratifs qui en découlent. Voilà en tous cas le point de départ des intrigues, et l’illustration pour les personnages d’un destin figé (englué) sans doute sur cette terre, cette terre dont on connait ou presque chaque recoin, et qu’il s’agit maintenant de quitter. Cette Picardie qui servait de base au road movie d’Aaltra, cette Picardie qui héberge ici toute la galerie de personnages et l’usine-mère nourricière de cintres. Cette Picardie qui sert de base à un double mouvement vers Bruxelles tout d’abord puis Jersey (le triangle des bermudas ?)

Car dans cette société impérialiste dans laquelle ils n’ont pas leur place, ces inadaptés (typologie récurrente dans le cinéma du duo) sont en fait des étrangers qui rêvent d’une vie meilleure, ils sont comme en transit. A ce sujet, la scène du bateau vers Jersey est très parlante. Le bateau mène des clandestins en Terre Promise, et il arrête Louise et Michel à Jersey. Eux qui marchent pour économiser le carburant de leur véhicule diesel antédiluvien se trouvent à leur tour face à une femme hybride dans la scène de l’entreprise anglaise. Cette secrétaire blonde, aux cheveux rigoureusement tirés en arrière, parcourt les couloirs de son entreprise sur un trolley, c’est un choc quant aux corps patauds et cachés par de grands manteaux de Louise et Michel.

En transit oui, car la question du mouvement et du voyage dans le monde est primordiale dans le cinéma de Délépine/Kervern. L’errance est omniprésente dans chacun de leurs trois films, elle n’est pas hasardeuse ou synonyme de se perdre mais bel et bien déterminée et décidée. Il n’est pas question de renoncer, à peine de se laisser distraire, on sait parfaitement ce que l’on fait et ou l’on va.





Louise-Michel c’est un film de tribu, de famille.

Troisième film oblige, une famille de cinéma commence à émerger autour de Benoit Délépine et Gustave Kervern. On retrouve l’esprit de Groland avec quelques gueules bien senties (à commencer par celle qui s’étale de tout son long aux premiers instants du film) et sa kyrielle de guests (Philippe Katerine interprétant sa chanson« Jesus Christ mon amour » tous stigmates apparents, le vénéré président de la Présipeauté en strip-teaser lap-dance, Mathieu Kassovtz (producteur par ailleurs du film, du moins en partie) en spécialiste du tout-bio aimant rouler en quad et encore beaucoup d’autres (une surprise même pour ceux qui resteront jusqu’au bout du bout du générique).

Cet univers doit beaucoup à un certain cinéma belge également dont deux de ses membres les plus éminents tiennent les rôles principaux :

Yolande Moreau (« Quand la mer monte ») incarne ici un personnage fou et passionné tout comme le personnage de son spectacle. Bouli Laners (« Eldorado ») offre lui une prestation assez bluffante avec un rôle qui le fait jouer en permanence l’équilibre entre le grotesque de l’instinctif et la fine et furtive conscience de soi et de ses tares qui créent ici un décalage incroyable. IL faut l’entendre dire « C’est mon Lee Harvey Oswald » en présentant son complice à Yolande Moreau à un moment, de quoi pleurer de rire pour longtemps.

Difficile également de ne pas évoquer une image poignante, celle de la cousine de Michel, cancéreuse en fin de vie, qui tente de rester en équilibre en marchant habillée d’une robe de soirée. On pense alors aux mannequins nus, du nom que donnait Christian Bernadac, aux déportés en route vers la mort, et on en tremble presque d’émotion. Un instant comme incongru quand le grotesque devient poignant et faire retenir sa respiration à toute une salle.



Louise-Michel c’est le(a) cousin(e) français(e) d’Aki Kaurismaki

Vous l’aurez peut-être compris en lisant ces lignes, ce film (comme déjà les précédents) doit énormément à Aki Kaurismaki et rappelle à de nombreuses occasions l’univers du clown triste finlandais. Il n’est pas question ici d’un simple papier-calque de l’univers du finlandais mais simplement d’une grande proximité d’humeur, de sensibilité et de volonté de donner (rendre ?) dignité aux ouvriers et autres éclopés de la vie. Une même famille tout simplement avec ici un cousin plus turbulent, vindicatif et frondeur certes mais tout autant épris de conscience sociale et des revendications qui en découlent.

Quelques thèmes s’approchent ainsi de ceux traités abondamment par le maître finlandais. Les hommes et les femmes au travail en premier lieu, la dignité des ouvriers. Cet univers qui est montré au début du film avec quelques plans simples de femmes au travail, une amorce de film comme Kaurismaki aime à les multiplier. Cette volonté de faire un film ancré dans le social, dans le rapport avec un employé/ouvrier et le monde qui l’entoure, l’absurdité et l’iniquité de leur sort (on tirer au sort le futur licencié chez le finlandais, ici on offre une blouse toute neuve avant de déménager le soir même les machines comme des voleurs).

Le voyage également, les conditions de celui-ci, sonne comme un bel et fort écho au cinéaste finlandais. D’une part dans le trajet hasardeux des protagonistes, toujours à deux doigts de se perdre ou de s’égarer (quand ils ne sont pas réellement) et d’autre part dans cette farouche résolution de ne jamais faire machine arrière et de parvenir à sa destination vaille que vaille. Quelques scène sonnent même comme un bel et discret hommage comme l’arrivée de deux nos héros à Jersey par la mer, une petite fragrance d’une scène du premier des Leningrad Cowboys où Kari Vaananen sortait d’un étang un énorme poisson à la main dans le plus grand des silences.

Autre étonnante proximité avec l’univers de Aki Kaurismaki quand il est question de l’enfant. Chez Délépine et Kervern, comme chez Kaurismaki, ’enfant n’existe pas dans leur cinéma :
- C’est la chambre vide d’Aaltra, l’enfant comme promesse et attente,
- C’est la poupée servant de jouet pour le chien dans Avida, l’enfant comme néant,
- C’est ici Michel l’enfant disparu (bouleversante séquence) du domicile familial.

Voilà pourquoi les dernières minutes du film bouleversent lorsqu’un tout nouveau-né s’immisce et dans l’histoire et dans le cinéma du duo, une vraie apparition !

Autre élément de rapprochement, l’atmosphère musicale du film qui habille subtilement la trame narrative d’un voile à la fois nostalgique et bricolée. C’est par exemple le folk boiteux de Daniel Johnston (un autre éclopé de la vie en passant), c’est l’international jouée sur un vieux lecteur K7 lors de la crémation qui ouvre le film, c’est encore la musique originale de Gaétan Roussel de Louise Attaque qui creuse un agréable sillon bucolique et vindicatif.

C’est surtout l’utilisation d’un rock nostalgique qui renforce comme chez Kaurismaki l’impression d’avoir en face de nous un monde révolu et qui n’existe plus aujourd’hui, à l’ère de la dématérialisation (même celle du patron qui a du mal à prendre corps au gré des fusions/acquisitions). Le monde tel qu’il a été n’existe plus et les personnages des films Kervern/Délépine (comme ceux de Kaurismaki) ne le savent pas eux qui n’ont pas changé et qui croient toujours que le travail est synonyme de reconnaissance, que le travail doit être bien fait avant tout et que le respect va de soi. En 1981 un homme politique de gauche faisait campagne pour accéder à la fonction suprême avec un slogan qui a depuis fait date. 25 ans après la gueule de bois idéologique et tandis que la situation se fait encore plus délicate et âpre, ce film se fait l'écho de notre époque en une veine absure, trash et délicieusement irrévérencieuse : Louise-Michel ou la force tranquille de la vengeance


Sorti le 24 décembre, Louise-Michel est notre miracle de Noël à nous.





Retrouvez d'autres articles sur Benoît & Kervern Delépine :

Delépine/Kervern en train de dégraisser le Mammuth
Benoît Delépine & Gustave Kerven – "Mammuth" (avant-première)


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Commentaires
De : Vous n'aurez pas lAlsace & lebornu

Après la symbolique Louise Michel du tandem Delepine/Kervern c'est une autre grande figure de l'histoire et des femmes qui sera prochainement à l'honneur puisque la chanteuse Claire DiTerzi s'est récemment attachée à la composition d'une comédie musicale autour de Rosa Luxembourg !


De : Le Gnou

Est ce que quequ'un connait le nom du morceau interprété par Daniel Johnston dans ce film?

De : mr_kenyatta

"A lonely song", je crois, mais il me semble qu'il y en a deux, dans le film...

De : Le Gnou

Merci c'est exactement celui ci que je cherchais

De : dina

Qqn connait-il le nom des autres morceaux de Daniel Johnston à part Lonely Song ?

De : acidsuicidebaby

La chanson Lonely song est disponible sur son dernier album "Lost and Found" (2006), mais des titres anciens sont tout aussi intéressants voir excellents pour certains, mais tu les trouveras en qualité lo-fi.

Mes coups de coeur: polka dot rag (album: the what of whom), Too young To Die (album: Retired Boxer);the story of an artist (album:Don't be scared). je suis devenu accro :)

je l'ai mis en écoute son mon blog
http://disputonsnous.wordpress.com/2009/01/05/un-peu-de-musique5/


De : Ishmael

le film s'est vu décerné un "World Cinema Special Jury Prize for Originality" au festival de Sundance!

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