« Die Welle » = la vague, est basée sur la véritable expérience d’un petit professeur de banlieue dans l’Allemagne des années 60. Lors d’un atelier de réflexion, l’un de ses élèves lui affirma que les jeunes générations avaient su tirer les leçons de leur passé destructeur, et que l’histoire ne pourrait pas se répéter. Interpellé par cette assurance, il décida aussitôt d’organiser un jeu d’identification au régime autoritaire, afin d’étudier les comportements du groupe. D’abord destiné à rester dans les murs de l’école, le jeu se transforma rapidement en un mouvement homogène et incontrôlable de destruction des entités extérieures et de contrôle des masses lycéennes. L’expérience dut être arrêtée au bout d’une semaine. On découvrit à cette occasion que la dictature et le fascisme n’étaient pas qu’un fantôme immatériel, mais bel et bien un engrais toujours en gestation dans nos sociétés.
Dennis Gansel a voulu retranscrire ce fait divers à l’époque actuelle. Mais en choisissant un lycée ultra moderne et une banlieue allemande huppée, il détache le sujet de toute réalité concrète. Une thématique pourtant intéressante, et qui tombe à un tournant de notre époque où les institutions internationales sont déstabilisées, où la pauvreté visible s’accroît et les esprits s’échauffent…un temps idéal pour une révolte ou un nouveau mouvement radical … Un film qui aurait pu faire réfléchir, faire comprendre aussi les mécanismes d’enrôlement, mais qui ne dépasse pas les allures d’une production télévisée, avec des simplifications scénaristiques et des personnages aux traits un peu grossiers… lourds.
Quelques phrases clefs, écrites sur le tableau noir, et censées nous faire comprendre schématiquement la formule miracle pour déclencher une « vague » populaire ; un échantillon représentatif très caricatural (notamment le personnage du jeune homme dont les idéaux autoritaires provoquent une vocation de serviteur du mouvement…); un professeur anarchiste soudain enorgueilli par son propre pouvoir… Un peu trop de confusion entre la volonté de comprendre et celle de créer un teenage movie à la Dawson. Le résultat n’est pas très crédible, mais le sujet n’en demeure pas moins unique, et il aurait mérité un peu plus de soin…dommage.
SORTIE EN SALLE LE 04 MARS 2009