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Dennis Gansel - "La vague"

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Posté par Marion Oddon le 2009-02-20



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« Die Welle » = la vague, est basée sur la véritable expérience d’un petit professeur de banlieue dans l’Allemagne des années 60. Lors d’un atelier de réflexion, l’un de ses élèves lui affirma que les jeunes générations avaient su tirer les leçons de leur passé destructeur, et que l’histoire ne pourrait pas se répéter. Interpellé par cette assurance, il décida aussitôt d’organiser un jeu d’identification au régime autoritaire, afin d’étudier les comportements du groupe. D’abord destiné à rester dans les murs de l’école, le jeu se transforma rapidement en un mouvement homogène et incontrôlable de destruction des entités extérieures et de contrôle des masses lycéennes. L’expérience dut être arrêtée au bout d’une semaine. On découvrit à cette occasion que la dictature et le fascisme n’étaient pas qu’un fantôme immatériel, mais bel et bien un engrais toujours en gestation dans nos sociétés.



Dennis Gansel a voulu retranscrire ce fait divers à l’époque actuelle. Mais en choisissant un lycée ultra moderne et une banlieue allemande huppée, il détache le sujet de toute réalité concrète. Une thématique pourtant intéressante, et qui tombe à un tournant de notre époque où les institutions internationales sont déstabilisées, où la pauvreté visible s’accroît et les esprits s’échauffent…un temps idéal pour une révolte ou un nouveau mouvement radical … Un film qui aurait pu faire réfléchir, faire comprendre aussi les mécanismes d’enrôlement, mais qui ne dépasse pas les allures d’une production télévisée, avec des simplifications scénaristiques et des personnages aux traits un peu grossiers… lourds.



Quelques phrases clefs, écrites sur le tableau noir, et censées nous faire comprendre schématiquement la formule miracle pour déclencher une « vague » populaire ; un échantillon représentatif très caricatural (notamment le personnage du jeune homme dont les idéaux autoritaires provoquent une vocation de serviteur du mouvement…); un professeur anarchiste soudain enorgueilli par son propre pouvoir… Un peu trop de confusion entre la volonté de comprendre et celle de créer un teenage movie à la Dawson. Le résultat n’est pas très crédible, mais le sujet n’en demeure pas moins unique, et il aurait mérité un peu plus de soin…dommage.





SORTIE EN SALLE LE 04 MARS 2009




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Commentaires
De : Le Griffu

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette critique.

Bon, pour la forme, l'expérience originale a eu lieu en Californie, pas en Allemagne, et a fait l'objet d'un livre de Todd Strasser.

Pour le fond : les personnages ne sont pas si caricaturaux que ça, que ce soit le prof ou la jeune Karo. Pour l'élève serviable - et servile -, ce n'est pas des idéaux autoritaires qui le poussent à agir de la sorte, mais l'envie - exacerbée par un contexte familial où il est livré à lui-même ,c'est le seul élève important dont on ne voit jamais les parents - d'appartenir à un groupe, une famille. Son personnage est tout à fait cohérent.

Les mécanismes de la mise en place d'une structure autoritaire est plutôt bien amenée par la mise en scène : quant Karo se voit exclue du groupe pendant le premier cours "chemise blanche" sans qu'aucune remarque ne lui ait été faite, l'exclusion tacite, ou encore le sentiment d'insécurité qui s'installe sans avoir en fait de raison d'exister, c'est plutôt bien vu.

Alors oui, ça reste un film d'1h50, avec des raccourcis inévitables, mais il réussit à faire réfléchir. Et si le contexte social n'est pas plus développé que ça, il n'est pas non plus absent (voir la discussion pendant la 1ère fête, la mère de Marco ou la discussion sur le prix des vêtements). N'oublions pas que ce n'est pas un film de dénonciation sociale, pour ça allez voir Ken Loach. Le but est ici de montrer la facilité à installer un régime autoritaire, encore de nos jours.

Je pense qu'en ce sens le film atteint son but

De : Marion

Mes excuses, mais nul part dans mon texte il n'est question de social...car tel n'était pas mon propos...

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