
|
Roland Emmerich - "10 000"
Sorties salles
|
![]() ![]() |
|
Voilà un synopsis bien connu : 10 000 ans avant JC (voilà, le titre a son explication) le jeune D'Leh, amoureux de Evolet, orpheline recueillie par son peuple quelques années plus tôt, se voit contraint, lorsque celle-ci est enlevée par une bande de voleurs, de traverser les limites de son territoire pour récupérer sa mie. Rencontrant sur sa route des communautés dont il ne soupçonnait l'existence, et qui vont se rallier à sa cause, il découvre au bout d'un long périple une civilisation faite de pyramides et dirigé par un être tyrannique et monstrueux. Et c'est bien l'humanité que va sauver D'Leh, comme vous pouvez vous en douter. Roland Emmerich nous propose en réalité ici sa version de l'évolution : comment une société de chasseurs-cueilleurs parvient à devenir une société agraire. Dommage qu'il lui ait fallu rajouter des monstres digitaux inefficaces, ou des scènes d'action pompées de d'autres films pour cela (300, de Zack Snyder, semble parfois même avoir été pillé!). Car même s'il s'agit de combattre de méchants individus et des mammouths extrêmement mal animés, la fin atteste de cette épopée évolutionniste : un coucher de soleil sur de jeunes pousses, comme métaphore de l'espoir grandissant. Hélas, le message a trop tendance à être martelé, et pas uniquement dans la scène finale. On se trouve face à cette tendance du cinéma américain (mais d'autres le font à leur tour), à nous expliquer, nous réexpliquer, et nous gaver d'explications. Ainsi dans la scène où la Vieille Mère meurt, la voix-off nous explique-t-elle qu'elle rend son dernier souffle, l'image nous montre un souffle blanc s'échapper de sa gorge, et on entend un dernier râle la traverser. Pour ceux qui avaient du mal à suivre, plus d'excuses ! ![]() J'aurais mieux fait de rester chez moi boire du Nespresso ... A cette surenchère d'explications pour spectateur neuneu, s'ajoute une utilisation invraisemblable des décors et des accessoires. De qui se moque-t-on, sommes-nous même en droit de demander !? Car si les créatures, des mammouths vivants dans le désert (on repassera sur les énormités de la sorte), au Tigre à la mémoire d'éléphant, sont toutes digitales, et animées jusqu'au dernier poil, le film s'ouvre, après d'obligatoires plans aériens d'une nature luxuriante, avec des scènes où les personnages évoluent entre deux rochers de carton-pâte et trois bottes de foin, le tout accompagné d'un fond en transparence du plus bel effet (hum hum) ! A l'incrédulité succède rapidement le rire, car comment passer autrement les deux heures du film ? Un film purement narratif, où les péripéties se succèdent encore et toujours, sans que la psychologie des personnages ne compte le moins du monde, et qui ressemblerait presque à un nanar (le mot est lâché). Et une question qui dérange, avec un budget qu'on imagine colossal, comment Roland Emmerich, réalisateur du pourtant plus que correct Jour d'après, film bourré d'effets spéciaux d'une grande efficacité, a-t-il osé pondre un navet pareil, à l'argent si mal employé ? Retrouvez d'autres articles sur Roland Emmerich : "2012" de Roland Emmerich et "When Worlds collide" de Rudolph Maté : When Movies collide
Commentaires
De : mr_kenyatta Aaaaach, Roland Emmerich... Avouez que le pitch de son projet film ("2012", qui ne sera donc hélas pas consacré à l'élection à la présidence française de Carla Bruni-Sarkozy) est on ne peut plus prometteur ! "With the Mayan calender ending in 2012, a large group of people face natural disasters like volcanoes, typhoons, and glaciers." Bien sûr, bien sûr... De : gw rooooh, vous vous moquez de Roland, alors que je lui reconnais un talent immense... Comment faire deux heures de film avec une histoire aussi pauvre !!!, Je trouve ça fabuleux de parvenir à un tel degré d'épure cinématographique, beau symbole d'argent balancé par les fenêtres. C'est une oeuvre qui engage à la réflexion (avec son cousin Astérix, bien sûr). Comme une démonstration par l'absurde ! De là à ce que ça soit du militantisme, il n'y aurait qu'un pas... De : Infernalia Le sympathique Jour d'Après était une erreur dans sa filmo je crois De : noodles Le film épique des ces dernières années c'est le dernier gibson et point barre et le prochain c'est le projet dingo de xavier gens et attendez de voir celui fabrice le belge, ça va dé -po -ter ... De : Infernalia On ne sait jamais quand tu blagues ou pas Noodles. Il y a un intrus ou deux dans ton post, non ? De : NOODLES le seul à propos duquel j'ironise c'est dario (en fait je le venère ...) pour le reste je suis sérieux comme un pape (sur les trois ya deux films pas vus dont un pas encore tourné ..ce qui fait que j'avance peut être un peu trop ...) De : Infernalia Tu veux dire que tu considères le Patriote comme un film maudit injustement méprisé ? Pour moi, il y a juste le Vinyan de F.Du Welz avec Rufus Sewell et E.Béart qui présage d'être bien impressionnant... De : manny Noodles c'est toi qui écris sur ce blog?: http://bousesdegenre.blogspot.com/ allez on a reconnu tes piques anti Argento,lol! De : NOODLES mais bougre d'andouille je parlais pas du gibson emmerich !!! mais du gibson gibson sponsorisé par l'office du tourisme du Yucatan et le camel trophy ....celui avec le type qui court dans la forêt pendant deux heures .. De : Infernalia Ah...oui...d'accord... le lien avec "Emmerich" c'était "épique" alors :-) Je ne suis pas aussi enthousiaste que toi sur Apocalypto mais j'aime bien. Quoi qu'on en dise, je trouve que Gibson cinéaste a une patte. Je trouve ses obsessions doloristes assez fascinantes. De : mr_kenyatta "Fascinantes", "fascisantes"... oups, fallait pas se tromper, hein ! De : noodles ah ben ça y est .... bon c'est vrai qu'il est pas très net notre bonhomme mais niveau mise en scène, il sait exactement où il va et j'admire la prise de risque (aucune star, langue indienne, violence hardcore ...) De : Infernalia Tout à fait d'accord et en l'occurence sauf en cherchant la petite bête pendant tout le film nul message fascisant dans le film. De : Lu Noodles, tu parles d'Emmerich ou de Gibson ? ds le 1er cas, pas de stars, langue anglaise avec accent de folie mais caustique (il aurait fallu choisir entre langue typique pour la peuplade ou anglais mais là, bof bof bof le parti pris du rien, et * birdy num num* c'est quand même autre chose hum hum), et violence sans aucune goutte de sang ! Pas très hardcore donc. De : Infernalia Non, Lu, vraiment je crois qu'on est passé à Gibson. Emmerich il mêle juste la subtilité germanique d'essence viking au patriotisme US. Insérer un commentaire : |
