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Alex de la Iglesia - "Crimes à Oxford"

Sorties salles
Posté par Guillaume Bryon le 2008-04-03



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John Hurt - "Si je te dis, c'est lui qui joue Magneto dans X-Men" dixit le siège derrière moi


Les poncifs sont-ils solubles dans les mathématiques ? C’est la grande question existentielle que semble se poser ce gentil thriller à énigme, qui aura du mal à relancer un genre un peu fatigué. Oxford Murders, dés son générique enfilant à n’en plus finir les logos de maisons de production sent la bonne co-production européenne des familles qui va ratisser très large… L’enjeu : l’adaptation d’un best-seller argentin de Guillermo Martinez qui doit permettre de surfer opportunément sur les succès des Harry Potter et autres Da Vinci Code. Le metteur en scène Alex de la Iglesia, plus connu pour ses films barrés (Perdita Durango, Mes Chers Voisins) se retrouve du coup aussi bien avec un gros budget qu’un cahiers des charges ultra codifié et restreint… Ceci étant ses fans sont prévenus : du cinéaste il faut s’attendre à ne voir s’appliquer ici au mieux qu’une ironie sympathique, et quelques rares mouvements de caméras qui se détachent ici ou là (le plus réussis étant le plan séquence, outrancier dans ses raccords, entourant le premier meurtre). Pour ceux qui chercheraient un nouveau souffle au réalisateur, la commande passe-partout n’est visiblement pas une voie dorée non plus : si la mise en scène n’est jamais racoleuse ni irritante, le plan-plan cinémascope est peu stimulant.

Car Oxford Murders est continuellement plombé par son matériel d’origine et son label « ventes internationales »… Les personnages outrancièrement définis mais pourtant nantis d’une certaine prétention dans leur caractérisation, sont typiques de ce coté grosse littérature pas toujours finaude, et influent aisément sur le jeu des différents interprètes. Le casting hétéroclite en soit est moyennement convaincant; d'autant que contrairement au livre et pour améliorer l'export, le protagoniste argentin devient U.S. Elijah Wood est à la fois le jeune héros initiatique péquenaud mille fois vus et, plus audacieux à priori, un « Théorème » (pasolinien cette fois): le yankee bousculant à son passage ce paysage de vieilles pierres et ses occupants.

Il semble évident qu’Iglesia s’amuse de cette double fonction du personnage jusqu’à son final téléphoné, mais jamais elle ne parvient à créer une dynamique favorable. Le jeu hésitant du comédien aidant on sombre dans le fadasse pire que Daniel Radcliffe dans les Potter… Les scènes avec le mentor obsessif John Hurt en souffrent, quand aux séquences avec ses partenaires féminines, les sois-disantes étincelles immédiates s’éteignent aussitôt dans le moelleux du flanc. En particulier le couple formé avec Leonor Watling, esquissé en quelques secondes de squash, qui est peut-être en soit l’élément le plus surréaliste dans cette aventure.

Leonor Watling et Elijah Wood - Le théorème de la braise et du Flamby


Logique contre incertitude, faux contre réalité : on est vite en fait dans un jeu de dupe totalement innérant au genre qui n’avait pas forcément besoin de tout ce décorum de chiffres et de suites qui ne sont prétextes qu’à des conversations assez risibles, et quelques démonstrations professorales théâtralisées d’un Hurt dans ses petits chaussons… Le film ne se prend pas vraiment au sérieux contrairement à son contenu, là est sans doute l’apport d’Iglesia et le ton qu’il ajoute à cette production. Les manipulations y sont aussi dérisoires que continuelles…Mais ça ne suffit guère à sauver le résultat d’un cachet franchement anodin et fonctionnel. Pourtant il y a quelques voies dans le scénario qui auraient prêtés à plus d’implication du metteur en scène : confrontation volontaire à la folie, plongée dans la maladie et le handicape, quelques éléments potentiellement dérangeants que le cinéaste plaque maladroitement, ne parvenant pas à les exploiter au sein du standardisé général.

Il est certain que dans Oxford Murders rien n’est du au hasard, pas même sa légèreté salvatrice… si ce n’est quelques situations d’absurde sympathiques provoquées par des choix de production aussi pseudo-rationnels qu’à côté de la plaque à l’arrivée. Démonstration réussie ? En tout cas Iglesia s'apprête à récidiver avec l'adaptation de La Marque jaune dont il a hérité... espérons qu'il s'en sortira mieux.




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Commentaires
De : noodles

j'adore alex mais là effectivement on dirait que c'est le début de la fin ... et la fausse bonne idée d'adapter Blake et Mortimer (comme Spielberg qui s'attaque à Tintin) .... HENAURME potentiel mais le label "ventes internationales" comme tu dis va encore faire une victime ...

juste en passant ; les 2 tanches qui ont donné le calamiteux "ILS" sortent le remake de "the eye" des frères Pang et tout le monde s'en fout et eux ils pleurnichent because ils ont été débarqués en pleine post prod. par les costard cravate d'hollywood, alors c'est pas juste .. FALLAIT PAS Y ALLER DUCONNAUD !!!!!

De : noodles

OUCH !! one again !!!!!

mon ptit Night, la nuit tombe sur nous, je nous croyais incassables, les signes de la fin étaient pourtant nombreux; c'est toute la Brie qui souffre aujourd'hui, ses villages, ses forêts...

Ils ne savent pas ce qu'ils font...

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