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George Perec - "La vie mode d'emploi"

France
Posté par Presse Gurvic le 2007-07-10



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Imaginez un classique immeuble parisien…. Si vous enlevez la façade, comme à une maison de poupée, vous avez accès à tous les appartements et vous entrez dans l’intimité et de tous les habitants. Voilà le postulat de départ du roman que Georges Perec mit dix ans à écrire, œuvre énorme au sens propre (600 pages) comme au sens figuré. A travers une accumulation d’objets, d’anecdotes, d’énumérations et même d’illustrations, nous découvrons et observons, pièce par pièce, étage par étage, cage d’escalier par cage d’escalier, les relations, les petites histoires, les habitudes, les drôles de manies et même la généalogie des locataires et propriétaires. Chaque objet devient porteur d’un destin, chaque anecdote débute une aventure, chaque détail révèle un absolu…. Et c’est à un puzzle géant que nous invite Perec, un puzzle dont seules les pièces nous sont connues et dont nous ignorons, et ignorerons peut-être toujours, le motif final… C’est la vie, toutes les vies, qu’il révèle à travers d’épiques aventures du passé, de petits catalogues du quotidien, de grandes amitiés et inimitiés se construisant à travers les générations, d’un foisonnement de riens dont l’addition rejoint l’universel. Tout ou rien, cela revient au même. Utilisant une écriture étonnante, alternant les styles littéraires, passant de la poésie à la pure énumération, du roman-feuilleton au roman noir, du style classique à tous les jeux de mots, Georges Perec nous force à changer notre regard, à réapprendre à lire pour percevoir le sens caché de chaque acte posé, de chaque insignifiance, de chaque bonheur ou drame. Parce que fidèle à lui même, l’auteur s’est donné des contraintes, littéraires et mathématiques, qui participent sans doute à l’effet hypnotique de son roman. Ce sont ces liens ténus qui nous passionnent, nous capturent telle une toile d’araignée, nous entraînent malgré nous. La formule dissimulée exerce sur nous l’attrait d’un diamant caché. La destinée mathématiquement construite des habitants de l’immeuble ne nous est dévoilée que de manière inconsciente : nous percevons, mais seule une analyse stricte de la construction du roman pourra nous donner la clé de compréhension ultime. C’est, entre autre, à travers l’algorithme du cavalier et l’utilisation littéraire du bicarré latin orthogonal d’ordre 10 que s’exprimeront nos existences. « Dieu ne joue pas aux dés », disait Einstein, mais depuis la lecture de ce livre (que Perec a défini comme « romans ») je sais que nos destins peuvent s’exprimer sur un échiquier….et je vous invite à le découvrir.




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