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Steven Spielberg - "Cheval de Guerre"
Sorties salles
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Sortis sur les écrans la même semaine de Noël aux Etats-Unis, Les aventures de Tintin et Cheval de Guerre ont tous deux rencontrés un succès relatif outre-atlantique. Début de crise à Hollywood quand le cinéaste est célébré à la cinémathèque par la cinéphilie européenne, qui eut du mal à l’intégrer ? Ces deux dernières œuvres, qui se complètent parfaitement, amorcent sans doute une nouvelle étape dans l’œuvre de Steven Spielberg, qui semble avoir exploré maintenant un grand ensemble de paysages de cinéma, y compris le sien, et s'élance à vol d’oiseau dans des récits où le rite a définitivement plus de place que le narratif.
![]() Le grand père interprété par Niels Arestrup dans Cheval du Guerre enseigne une métaphore du courage à sa petite fille : elle passe par l’évocation des pigeons voyageurs français en temps de guerre, et leur capacité de fuite en avant. D’une certaine manière, Les aventures de Tintin et Cheval de Guerre épousent tous deux un procédé similaire au sein du cinéma grand spectacle. En adaptant la bande dessinée d’Hergé, Spelberg a fait de la ligne claire belge une traduction cinématographique prenant forme dans le mouvement et surtout dans la transition continue. En se plongeant dans les années 40 européennes, il s’y réappropriait au passage une partie des formes expressionnistes et du cinéma de montage à la source, revisitant Lang, Hitchcock, Gance… Mais s’il faisait appel à ces formes matricielles, il les plongeait aussi dans un fluide de cinéma numérique qui n’est plus vraiment celui de la transition et du découpage classique, où une pause, une rupture intervenait. Une incrustation et un panoramique valent-ils bien un fondu ? Spielberg fait sienne cette constatation, et paradoxalement son cinéma a pris dans cette forme mutante de la motion capture comme une liberté nouvelle, celle d’enfin soumettre les péripéties narratives à de pures étapes symboliques le long d’un même chemin en forme de course... ou de fuite.
Avec une apparence bien plus classique, Cheval de Guerre prolonge pourtant cette aventure formelle, revisitant cette fois les Griffith, Ford, Fleming… Spielberg prenant le risque de se confronter aussi au cinéma des Lean et Kubrick qui cherchèrent avant lui à transcender ces formes classiques, en cherchant en partie leur amplification. En adaptant le roman jeunesse de Michael Morpugo, le cinéaste a visiblement pris un énorme plaisir à pouvoir suivre un animal en perpétuelle course, rencontrant et brassant au travers du temps et de l’espace différents destins individuels.
![]() La caméra et le travail époustouflant du monteur Michael Kahn se soumettent à la fois au mystère de sa course, comme à ce qu’il peut y avoir d’émouvant dans les projections des êtres humains dans un animal qui traduit espoir et noblesse quand tout semble s’effondrer dans le no man’s land. On ne sait pas vraiment ce que regarde le cheval Joey dans le dernier plan du film, à l’horizon…Comme si tout le mythe de la réunification qui hante le récit ne suffisait pas. La fuite pour destin comme l'évoque encore Niels Arestrup? Il n'y a pas de réponse possible pour l'homme, et c'est l'une des meilleure réponses aux potentielles accusations d'anthropomorphisme que le film pourrait subir. D’Indiana Jones à A.I, on se rend compte que Spielberg s’intéresse moins dans ses odyssées aux finalités qu’aux passages en eux-mêmes, et la découverte de reliques ou le parachèvement du mythe du retour (parfois très déceptif ces dernières années) importe moins que les étapes et toute une succession de formes rituelles l'accompagnant, où le cinéma est une entité et un langage en soit, au-delà du genre et des figures d’Hollywood et de la séries B dont on se peine sans doute à débattre s’il en est le fossoyeur.
Lorsqu’il nous fait passer d'un seul mouvement d’un tricottage de mère fordienne au labourage d'un champs de navets (c’était risqué diront certains !), ou lorsqu’il se met au diapason des pâles d’un moulin pour figurer une exécution nocturne, Spielberg semble chercher à cumuler en permanence le mouvement avec une expression de cinéma. On ne peut faire un pas dans Cheval de Guerre sans qu’il véhicule une idée, ou plutôt un rite de passage, pour avancer. Dans Lawrence d’Arabie, pour reprendre l’exemple de Lean, il y a bien des moments purement sacralisant où la flamme d’une allumette appelle le désert, où Omar Sharif tout doucement apparaît à l’horizon… Spielberg fonctionne dans des logiques voisines, mais il en fait désormais la constitution intégrale de ses films, sans autre justification.
![]() Cheval de Guerre à ce niveau transcende comme jamais auparavant la dychotomie du terrain d’aventure et celui de l’Histoire et de ses drames : ce que le cinéaste a depuis son premier court Amblin cherché à associer. D'Empire du Soleil à Ryan, en passant par La liste de Schindler et Amistad, Spielberg était pourtant trop à l’étroit dans la sacralisation et la sanctification de certaines images et sensations. Plus que les problèmes de travellings et de morales, il ne parvenait pas vraiment à se libérer cette fois des genres, entremélés au solennel des « missions » qu’il semblait s’être donné, pour les ramener à son cinéma de mythes. Fulgurances au mieux, au pire l'artificialité et le sentencieux. Cette fois il n’y a pas de complexes de reconstitution, de légitimité ou d’hyperréalisme mais une succession de tableaux qui ne font pas appel à l’identification. Le terrain quasi fantastique de la Grande Guerre, comme celui de la propriété familiale labourée et détruite par les éléments chargent des mythologies qui valent sans doute plus en force que les (jeunes) personnages fragiles qui ne font au mieux que passer en somnambules, parfois engloutis ou évaporés, fracassants leur fougue là où les galops de Joey sont eux interminables. La guerre dans le fond y tient plus du Dormeur du Val que de la Boucherie ou de l'héroïsme.
En salle depuis le 22 février
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Commentaires
De : On nous a trompé, E.T. n'est pas "rentré maison", il s'est emmêlé les doigts et, mutant en cheval (enveloppe plus seyante, moins fripée), s'est trompé d'époque pour errer dans les méandres du temps ainsi que sur les champs de patates, pardon de batailles de la Grande Guerre (avec majuscules comme l'écrivent les livres d'Histoire) ; les gamins aussi se sont perdus et d'ailleurs tant et bien qu'il ne reste plus qu'un des deux garçons qui a pour le coup changé de prénom, de taille et de nationalité. A la fin de ce nouvel épisode il retente de "renter maison", ménageant ainsi le suspense pour un troisième épisode de la saga. L'épisode de la ferme française (mit Niels Arestrup et la petite fille) est à pleurer de niaiserie, celui du labourage du champ de navet l'est aussi mais d'ennui ; le final à l'hôpital de campagne rappelle "il était une fois dans l'ouest" mais sans l'harmonica et permet de rentabliser les longues séquences de dressage au sifflet du début du film ; on frise le ridicule avec le détricotage de barbelés sur la ligne de front. Il paraît que le réalisateur va tenter l'adaptation au Châtelet (version comédie muisicale). De ce gâteau indigeste, tendance forêt noire, surnagent la charge de cavalerie démarrant dans les hautes herbes, la ruée de l'infanterie sur la tranchée adverse et la cavalcade "solo" du cheval entre les tranchées. De : jacques d. oublié de signer, oups ! De : jacques d. Et j'ajouterai (et ainsi en finir de m'acharner sur ce truc) que j'allais voir ce film pour, au moins, me payer une bonne pinte d'émotion, et c'est du moins ce que j'attendais de ce (genre de) film à l'académisme pesant et aux effets appuyés (acteurs sur-jouant, effets sonores et musicaux insistants, drame-massue, etc., etc.), le deal me paraissant équitable de donner deux heures et demie de mon temps contre un peu de ce cinéma lacrymal dont il serait bête de se priver de temps à autre. Mais le drame, le vrai, c'est qu'il y a dans ce film particulièrement bourrin à peu près autant d'émotion que dans le journal télévisé de Jean-Pierre Pernaut (bon sang, l'histoire des deux frères déserteurs... impayable !). Votre critique est bien écrite, bien mieux que le film cité en référence, mais ce qu'il y a de crispant dans la critique cinématographique (en général) c'est ce permanent appel à la rescousse des Grands Anciens - ici, Griffith, Ford, Fleming, Lean et Kubrick -, otages bien malgré eux de nos arguties alors que je me demande s'il ne faut pas mieux ici invoquer, en lieu et place des précédents, les cendres tièdes de Jean Jacques Annaud, Luc Besson et Gérad Oury De : jade le film était très bien ! triste émouvant et disait que il-y a du malheur et du bonheur dans la vie. Sinon j'ai adorais. De : jade s.l.h Le film était bien! Joey était le héros. Joey Albert,les autres chevaux et acteurs était courageux. Sa ma appris que dans la vie il faut toujours avancer. J'ai adorais le film car il y a de l'action du courage et ses émouvant ,triste. Tout les jours je regardent encore les bande d'annonces pour revoir mes héros. Sinon ,j'ai adorais le film. De : naoslona Ca ne sert à rien de s'acharner sur ce film en effet, car ce film est une superbe adaptation du livre voilà tout.C'est pour cette raison que certains pourraient le trouver enfantin, il est à noter que le livre était destiné aux 12 ans. De plus, rare sont les réalisateurs qui retranscrive les sentiments des personnages d'un livre avec autant de brio, il suffit de regarder les films Harry Potter pour se rendre compte de ce qu’est le nom respect de l'auteur. Pour finir, au delà de ses apparences niaises, ce film transmet des sous entendus philosophiques très fort et pour les comprendre il ne faut pas être niai. De : aec LUTTE CONTRE L'HIPPOPHAGIE NON ! UN CHEVAL CA NE SE MANGE PAS ! Obtenez un autocollant gratuit en écrivant à : AEC Résidence La Pléiade 98, rue de Canteleu 59000 LILLE Joindre une enveloppe timbrée pour le retour du courrier. Merci aussi de visiter les sites : http://aec89.site.voila.fr http://www.feracheval.com/petitions.php http://www.lapetition.be/en-ligne/parlons-enfin-des-quids-2589.html Rejoignez la groupe sur : http://www.facebook.com:80/group.php?gid=63542203218 Faites passer le message à vos amis. Amitiés. AEC. Insérer un commentaire : |
