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 Selection Culturopoing dvd et blu ray - Mai 2013

 Luigi Comencini - "Les aventures de Pinocchio" (1972)

 Carlos Reygadas - "Post Tenebras Lux"

 Janko Anwar - "Modus Anomali"

 Ted Kotcheff - "La grande cuisine"

 Juan Antonio Bayona - "The impossible" (Blu-Ray)

 Andy Muschietti - "Mama"

 - Regards sur courts VIII - Europa Film Treasures -

 Entretien avec Ken Loach autour de "L'Esprit de 45"

 "L'Esprit de 45"- Ken Loach

 Danny Boyle - "Trance"

 Mark Ruffalo - "Sympathy for Delicious"

 Léonardo Di Costanzo - "L'Intervallo"

 Jeff Nichols - "Mud"

 Park Chan-wook - "Stoker"

 Robert Aldrich - "L'ultimatum des trois mercenaires"(1977)

 Bernard Rose - "Paperhouse" (Blu-ray, DVD)

 Shane Black - "Iron Man 3"

 William Vegas - "La sirga"

 Regards sur courts VII - Repentir de Quentin Rigot.

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Sélection Culturopoing dvd et blu ray - Juin et début juillet

Sorties DVD
Posté par Culturoredac le 2012-06-29



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Un nouveau rendez-vous régulier sur Culturopoing. Deux fois par mois, nous vous proposerons une sélection libre de quelques dvd et blu ray du mois. Et nous commençons, pour passer un beau début d'été, avec des sorties qui couvrent le mois de juin et le début du mois de juillet...

Par Gee Wee, Guillaume Bryon et Olivier Rossignot


Two Gates of Sleep d’Alistair Banks Griffin (USA, 2010) - DVD  édité par Damned Distribution
Vous ne pourrez pas passer deux fois à côté de Two Gates Of Sleep… Resté très peu de temps à l’affiche il y a quelques mois, son arrivée en dvd est l'occasion inespérée d'offrir une seconde chance à ce beau premier long métrage d’Alistair Banks Griffin. Dans Two Gates Of Sleep, le souffle de la vie ne peut passer que par l'expérience de la mort et sa présence permanente, à travers l’histoire de deux frères, quasiment plongés dans le mutisme et dans l’incommunicabilité, transportant entre La Lousiane et le Mississipi le corps de leur mère pour exaucer son dernier vœu. On s’est empressé de comparer Alistair Banks Griffin à Malick, Tarkovski et Gus Van Sant et à vrai dire il semble peut-être facile et réducteur de citer toujours les mêmes cinéastes dès qu’il y a contemplation, sentiment d’attente et rapport à l’élémentaire. Car si Alistair Banks Griffin affirme une évidente propension à placer lui aussi l’homme au sein d’une nature qui l’englobe et le dépasse, aucune osmose ne se laisse entrevoir, aucun sentiment de protection naturelle ou divine, de communion mystique, car c'est la sensation d’indifférence, de silence hostile qui domine. Oui, l’homme appartient à un grand tout mais pour finir comme un engrais de la terre, pour la nourrir, intégré à ce cycle immuable. Pourtant Two Gates of Sleep n'a rien d'un film nihiliste, il expose juste sa vision, sa manière de respirer le monde. Le corps retourne à la boue, proie des insectes, partie d'une unique matière. Ce rapport à la mort si particulier rappellerait finalement plus une œuvre comme La Ballade de Narayama : les deux frères transportant le cercueil de leur mère vers la forêt, sans explication, comme une évidence, inventent de nouveaux rites ancestraux. Ce film de taiseux, où l’absence de mots s'apparente à un dialogue, installe en toute simplicité son magnétisme et sa singularité fascine insidieusement et durablement.

Peu de bonus dans le dvd (on aurait aimé un entretien avec le cinéaste) mais la présence du court métrage d’Alistair Banks Griffin qui servit de modèle à Two Gates Of Sleep est non négligeable.
O.R.
 
Tatsumi  d’Eric Khoo (Singapour, 2011) - DVD et Blu Ray édités par CTV International
L'univers du roman graphique et son versant autobiographique  font de plus en plus l'objet de films d'animation, de Persepolis au récent Couleur de peau : miel. Mais loin de l'académisme de ce dernier et des successions maladroites entre séquences live et animées, le singapourien Eric Khoo préfère expérimenter au sein même d'un cinéma d'animation qu'il aborde pour la première fois. Et après avoir révolutionné le film choral avec Be with me, il livre encore un résultat étonnant dans cette capacité unique à lier des ingrédients hétérogènes.
En mariant une autobiographie à première vue classique de son dessinateur révolutionnaire (Yoshihiro Tatsumi est l'initiateur du mouvement gegika, offrant des mangas aux thèmes résolument adulte) à cinq adaptations très différentes de ses histoires courtes, à la frontière du film à sketch, Eric Khoo parvient à retranscrire subtilement le mal être et les angoisses du dessinateur dans son adolescence tout en rendant hommage à son art : la mise en en scène de la vie n'est plus ainsi la seule essence du biopic, dont les principes apparents agissent plutôt comme un motif à plat. D'où une sensation de totalité qui est tout sauf totalisante : c'est d'autant plus abouti à ce niveau que le film n'aborde qu'une parcelle de la vie de son créateur. Ce pourrait très bien être un « volume 1 » que demeurer une œuvre résolument à part... (à suivre!). A relever une superbe séquence évoquant la rencontre entre Tatsumi et Osamu Tezuka.
 
En bonus de cette galette éditée par CTV on retrouvera le storyboard et en making-of les interventions de Yoshihiro Tatsumi et Eric Khoo, ainsi que du directeur de l'animation. Une édition spéciale FNAC offre en prime un livret supplémentaire de 24 pages. G.B
 
 
Fireheart – La Légende de Tadas Blinda de Donatas Ulvydas (Lituanie, 2011) - DVD et Blu Ray édités par chez Opening
Une fresque historique venue de Lituanie ? Avouez que c’est plutôt attirant et rare... Tadas Blinda est là-bas un héros national, une sorte de Robin des bois local du 19e siècle ayant conduit une rébellion contre l’occupant russe et les classes dominantes, ayant lutté contre les injustices, prenant aux riches et donnant aux pauvres (même si la réalité est semble-t-il nettement plus ambiguë). N°1 au box office italien précise l’accroche publicitaire ! Que La Légende de Tadas Blinda soit le premier long métrage de Donatas Ulvydas après un documentaire sur le maître de l’animation Ladislas Starewitch, avait tout pour nous intriguer. Bien que souffrant d’une facture au classicisme un peu anonyme, très inspirée par les derniers Ridley Scott ou Braveheart, cette Légende de Tadas Blinda fait preuve d’un joli sens épique, exaltant les idéaux de liberté, d’indépendance et de justice. Elle a du souffle cette histoire de la naissance d’un rebelle malgré lui, de la métamorphose d’un paysan peu concerné en révolté. Le revers positif de son académisme est qu’il évite avec bonheur – à l’exception de quelques ralentis – tous les tics visuels épileptiques et stroboscopiques qui ne cessent de vampiriser la moindre œuvre à tendance historique. Rien que pour cela, La Légende de Tadas Blinda mérite d’être défendu. In fine, tout semble curieusement calme, peu furieux, enveloppé dans la beauté des forêts lituaniennes et la verdeur de la campagne. C’est dans ce cadre presque bucolique qu’évolue un héros finalement plus romanesque que subversif, étonnamment plus insouciant et amoureux que véritablement engagé. Les limites héroïques du beau Tadas constituent aussi sa singularité toute humaine. Une bonne surprise, donc. O.R.
 
Kozak de Sergey Bondarchuk (Angleterre/Russie, 2006) - DVD et Blu Ray édités par Filmedia
 
Sous le titre exotique de Kozak se cache le dernier film de Sergey Bondarchuk, adaptation de l’immense classique en quatre tomes de Mikhaïl Cholokhov Le Don paisible, œuvre déjà adaptée par Sergei Gerasimov en 1957, qui fut lui-même un grand succès en Russie. Disons le tout de suite, portant les marques de sa gestation chaotique et du manque d’inspiration d’un cinéaste fatigué, Kozak ne suscite que peu d’enthousiasme. Il faut dire que les conditions de sa création ont enchainé les obstacles. Cette coproduction russo-yougoslave avec un casting international, vit son début de tournage en 1991 au moment du putsch manqué des conservateurs soviétiques contre Gorbatchev, en pleine perestroïka. Une fois le tournage terminé en 1992, la boite de production italienne fit faillite et le film est resté entre les mains de la banque qui avait financé le projet. Bondarchuk se battit jusqu’à sa mort en 1994 en vain pour pouvoir récupérer son film qui. C’est seulement en 2006 que son fils récupéra les droits, terminera le film qui sera diffusé à la télé russe dans sa version de 6 h. C’est la version internationale « cinéma » qui nous est présentée ici dans le blu-ray /dvd. Dès les premières images, il faudra s’y faire, on ne retrouvera que très peu de cinéma dans Kozak, caractérisé par une esthétique télévisuelle peu séduisante, académique et datée, assez typique de la série historique des années 90, aggravée par d’insipides et répétitifs ralentis. Le casting international et la langue anglaise mettent également en péril la crédibilité de l’ensemble, pour un film dont le sujet est intrinsèquement lié au décor. On ne croit pas un seul instant à P.M.Abraham en moujik. En revanche, même si Rupert Everett a du mal à dissimuler son flegme britannique il finit par l’emporter, portant sur ses épaules le personnage de Grigory, dont les pérégrinations suscitent suffisamment l’attention pour qu’on veuille poursuivre. Au détour de certaines scènes de bataille, on entrevoit la patte du cinéaste, son sens de l’épopée et du lyrisme. Les fans de Guerre et Paix se prendront sans doute à rêver de ce qu’aurait pu être Le Don paisible si Bondarchuk avait pu le réaliser vingt-ans auparavant. O.R.
 
Le territoire des loups (The Grey) de Joe Carnahan (USA, 2012) – DVD et Blu Ray édités par Metropolitan Video
Un beau retour en forme pour l'espoir Joe Carnahan qui après son très réussi polar seventies Narc (adoubé par William Friedkin himself) avait plutôt dévié du côté de Guy Ritchie (Mise à Prix, L'Agence tous risques...). Du cinéma des seventies et de Friedkin, certains pourront d'ailleurs y trouver des correspondances dans la texture d'image souvent granuleuse (qui fait du bien aussi en ces temps de projections numériques), ainsi que dans le nihilisme à l’œuvre dans le rapport de l'homme à la nature. En ce sens, The Grey est un peu l'antithèse au niveau du film de survie du Way Back de Peter Weir sorti l'an dernier... Bien qu'il soit parfois également emprunt d'un certain humanisme élégiaque, dans sa collection de souvenirs et de portefeuilles remplis de photos comme totems des protagonistes trépassant un à un, il n'y a pas de porte de sortie ou de portée symbolique, juste une immanence qui s'oppose implacable.
Si la nature de The Grey se traverse un peu comme un rêve, elle ne débouche sur aucun tableau, aucune étape. Joe Caranhan offre plutôt une étonnante succession de cercles concentriques où s'enfoncent les personnages tandis qu'ils pensent avancer. Cela débute d'emblée par les pensées suicidaires du héros qui occupent l'étonnante première partie en voix-off, en passant par un spectaculaire accident d'avion (destiné à être l'un des plus fameux du 7ème art?), fataliste et au sous-texte politico-économique habile... Et se poursuit par une avancée de l'espace qui n'est qu'une succession de cercles contrôlés par cette présence des loups, circonscrivant toute traversée jusqu'à un final étonnant (bien rester jusqu'au générique de fin). Obsédé par quelques vers entêtant, « once more day into the fray » (un jour de plus dans la mêlée), The Grey est emprunt de tripes authentiques qu'on avait plus l'habitude de voir depuis longtemps dans un certain cinéma américain.

Que du classique au rayon bonus de ce blu-ray, avec making-of et bande-annonce, on se serait bien régalé d'un commentaire audio du cinéaste et de Liam Neeson qui livre l'une de ses meilleures prestations. G.B

Le grand Départ vers la Lune
de Don Sharp (GB, 1967) - DVD édité par Aventi
Avec une loufoquerie qui le place aux côtés de La Grande course autour du monde ou d'autres films de Blake Edwards et quelque part en amont des Monty Python, Le grand départ vers la lune relate la formidable histoire du premier projet de voyage vers la Lune, consistant peu ou prou à envoyer un projectile à l'aide d'un gros (mais vraiment très gros) canon. Assuré par d'honorables hommes de science, dont la probité n'égale que la précision des calculs, il est victorieux chez Verne. Assuré par des hommes d'affaire en quête du plus beau coup d'éclat et des scientifiques du dimanche aux théories fumeuses (et accumulant des échecs navrants), il est désastreux chez Don Sharp, ce vieil habitué de la Hammer (avec notamment Raspoutine et Les pirates du diable avec Chris Lee, Kiss of the Vampire) et des Chapeau melon et bottes de cuir. On retrouve au scénario Dave Freeman surtout connu pour … le Benny Hill Show !

Méchants évidents, hurt gags inoffensifs et trouvailles absurdes détournent avec une certaine tendresse la candeur de l'oeuvre initiale et la naïveté de la pensée scientiste et techniciste. Le film est mené sur un rythme paisible, bien loin de ce que nous offre le paysage cinématographique actuel, et sans aucun ennui tant le film est riche en idées et en énergie. Une délicieuse plongée en enfance, réservée aux parents avec leurs enfants. G.W
 
Les mariés de l’An deux de Jean-Paul Rappeneau (France, 1971) – DVD et Blu Ray édités par Gaumont Classiques
 A force d’être rediffusé sur les chaines publiques les dimanches soirs ou les vacances d’été, on avait tendance à oublier à quel point Les Mariés de l’An deux constitue l’une des meilleures comédies d’aventures françaises des années 70, se savourant avec un plaisir toujours renouvelé plus de quarante ans après. Sa mise en scène particulièrement fluide, ses dialogues entrainants et ludiques, sa combinaison d’une intrigue romanesque à une reconstitution historique particulièrement sérieuse en font une œuvre alerte, mouvementée, et légère dans laquelle Jean-Paul Rappeneau y dévoile plus que jamais ses talents de conteur. Et la partition de Michel Legrand de donner le rythme et la cadence aux pérégrinations de Nicolas Philibert à la recherche de sa femme pour divorcer dans la France de la Terreur. Rappeneau multiplie aventures rocambolesques et rebondissements dans un climat où la fureur historique est désamorcée, vue sous un trait léger, dédramatisé – mais toujours désabusé. Le point de vue du cinéaste renvoie dos-à-dos les partis en présence, détenteurs de la République ou aristocrates déchus lancés dans la Chouannerie. Tous semblent plus avides de conserver ou de récupérer leurs privilèges, et de tuer un ennemi démasqué en n’importe quel esprit libre, que soucieux de la liberté d’un peuple à l’arrivée toujours victime des mouvements du pouvoir. Plutôt que prendre part à l’Histoire en s’engageant, les héros de Rappeneau font leur vie en traversant l’Histoire et les époques, l’amour résistant quel que soit la période. Nicolas Philibert est un aventurier désengagé, hors de toute révolte, mais porté par l’énergie du bagarreur intrépide, finissant par se prendre au jeu, un peu à la manière de ces héros de western désintéressés par les enjeux d’une révolution mexicaine dans laquelle ils finissent pourtant en meneurs. 
En dehors de la belle idée des soubresauts des sentiments semblant calqués sur ceux d’une époque, l’image du couple allant et venant entre le désir de rupture et l’élan amoureux, transpose au XVIIIe siècle une conception des mœurs très liée au XXe siècle, avec ces aspirations à la liberté, ces équilibres instables, ces chamailleries et ses revendications. L’amertume et l’ironie se mêlent à l’optimisme dans ce nouveau désordre amoureux. Et si finalement Les Mariés de l’an deux n’était rien d’autre qu’une métamorphose de Scènes de la vie conjugale en film d’aventures picaresques ? Cette cyclothymie de l’amour n’exclut jamais la tendresse du cinéaste, le sentiment même instable révélant sa durée quel que soit les époques traversées. Toujours s’affronter mais traverser la tourmente ensemble... 
Entre un Nicolas ne voulant jamais s’avouer amoureux, partagé entre le désir d’en finir et l’attirance irrépressible du cœur et du corps et une Charlotte (Marlène Jobert) délicieusement minaudeuse, indécise et volage mais qui dissimule derrière son masque de ravissante idiote bien des ressources, le plus faible et le plus candide n’est pas celui qu’on croit. On s’étonnera parfois d’y trouver des références inattendues, comme lors de cette anthologique séquence de bal présentant des similitudes frappantes dans sa mise en scène avec celle du Bal des vampires en particulier dans ce tableau d’aristocrates défaits au teint blafard à l’instar des suceurs de sang emperruqués de Polanski, et du principe du dialogue entrecoupé par les mouvements du menuet. Même la texture de la photo et l’allure du décor renvoie à cette séquence presque gothique. 
Le duo Jobert/Belmondo fonctionne à merveille mais cet indémodable divertissement ne serait rien sans ses seconds rôles, Julien Guiomar, Samy Frey, Laura Antonelli, Pierre Brasseur en tête. Les Mariés de l’an deux constitue une sorte de prototype du divertissement pour tous et d’une certaine qualité française du cinéma populaire désormais révolue.
 
Une restauration ébouriffante, un transfert HD sans faille et des bonus à l’unisson, les mêmes que dans l’édition de 2005, avec entre autres, la participation très assidue de Jean-Paul Rappeneau. Les Mariés de l’An deux a son édition définitive. O.R





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