bandeau

 





 Elio Petri - "Les Jours Comptés"

 Emmanuel Gras - "Bovines"

 Carlos Carcas & Norberto López - "Mr. Foster"

 Hitoshi Matsumoto - "Saya Zamuraï"

 Roman Polanski - "Répulsion" (Blu-Ray & DVD)

 Abdallah Badis – "Le Chemin noir"

 Mike Cahill - "Another Earth"

 J. C. Chandor - "Margin Call"

 Coffret World Cinema Fondation Vol 1.

 Entretien avec Emmanuel Finkiel à l’occasion de la sortie de "Je suis".

 Anthony Mann – "Le Livre noir" ("Reign of Terror", 1949)

 Joss Whedon - "Avengers"

 Paddy Considine - "Tyrannosaur"

 Autour de "Total Recall": Deconstructing "Schwarzy"

 Les leçons de l’affaire Scorsese ou la tentation du jugement a priori

 Emily Atef - "Tue-moi"

 Thomas Bardinet – "Nino, une adolescence imaginaire de Nino Ferrer"

 Norman Jewison – "Dans la chaleur de la nuit" ("In the Heat of the Night", reprise, 1967)

 Michael Mann - "Le Solitaire" (1981- reprise)

 Juliana Rojas et Marco Dutra - "Trabalhar Cansa"

Tous les articles Cinema

Cinema

Alain Payet - "Nathalie dans l'enfer nazi"

Sorties DVD
Posté par Cyril Cossardeaux le 2008-05-28



Image principale
Ouvrir
 
Aux débuts de Culturopoing (c'est pas si vieux, d'ailleurs...), nous vous entretenions sur cette fugace mode cinématographique ayant allègrement mixé fascination (parfois un peu trouble, comme toute fascination) pour le IIIème Reich et mise en pratique des théories de ce bon vieux Wilhelm Reich. L'éditeur Artus Films, spécialisé dans l'exploration des recoins les plus enfouis de la production "oblique", vient d'avoir l'heureuse initiative de nous donner l'occasion rare de la juger enfin à nouveau sur pièces, en sortant coup sur coup cinq fleurons de la production Eurociné des années 76-77, dont quatre se réfèrent directement à cette thématique : Elsa Fraülein SS, Train spécial pour Hitler, Helga la louve de Stilberg (et non Spilberg, comme écrit par ailleurs dans l'article sus-mentionné, toutes nos excuses au nostalgiques de cette époque...) et enfin cette Nathalie dans l'enfer nazi qui nous occupe ici (le cinquième film, Les Gardiennes du pénitencier, appartient lui au genre "films de prisons de femmes", ce qui donne moult occasions de se rincer l'oeil également, n'ayez crainte).
Nathalie dans l'enfer nazi, Nathalie dans l'enfer, Nathalie rescapée de l'enfer, Nathalie rescapée de l'enfer nazi... voire Nathalie tout court (c'est le titre du générique de la version dvd du film, en tout cas), on s'y perd un peu, le film ayant connu plusieurs dénominations au fil du temps et de ses probables remontages, plus ou moins sexuellement explicites, comme il était alors fréquemment d'usage.

Nathalie, en route vers l'enfer...


Soyons francs : on navigue évidemment ici en plein "sous-produit" aux ambitions artistiques disons limitées. Le cinéma d'exploitation n'est pas dénommé comme ça par hasard, il s'agit avant toute chose de rapporter de l'argent, en en dépensant en amont le moins possible. Du coup, ça se voit à l'écran, mais on a connu des productions Eurociné plus fauchées que celle-ci, utilisant somme toute habilement un stock de vêtements, armement et véhicules militaires qu'on imagine plutôt réduit. De la même manière, la forêt ukrainienne se trouve probablement dans l'Oise ou les Yvelines, mais quelle importance ?
Le scénario est loin d'être plus idiot qu'un autre, après tout. Jugez plutôt : Nathalie, jeune médecin résistante ukrainienne (plus médecin que résistante, nous semble-t-il quand même, si on peut se permettre...), est capturée par les Nazis en même temps que tous les autres habitants de son village en représailles de l'assassinat d'un général allemand par les partisans. La résistance soviétique s'arrange pour la faire transférer de son camp de travail dans une forteresse (le fameux de château de Stilberg... en grande banlieue parisienne) servant en fait de BMC (Bordel Militaire de Campagne, pour les non initiés) aux soldats de la Wehrmacht comme aux SS, manifestement, afin d'y faire libérer (ou supprimer... j'ai pas bien compris pourquoi, là) une importante résistante allemande (bon, le coup du transfert, c'est pas super crédible, surtout quand le gros chef soviétique et son accent approximatif se fait passer pour un examinateur suisse de la Croix-Rouge pour vérifier que les prisonniers des camps ne sont pas trop maltraités... si, si !). Mais la sadique Fraü Hortz, qui tient la fortesse d'une main de fer, ne l'entend pas de cette oreille...
Reconnaissez qu'on a connu intrigue de base plus idiote et quand on ajoute que la belle Nathalie, au moment de l'assassinat du général du début, a aussi sauvé la vie d'un fringant lieutenant allemand, qui se trouve lui-même officier à Stilberg, tout est en place pour un récit assez palpitant, non ?

"Fouette, cocher !"


Et c'est là que ça se gâte... Passons sur la réalisation mollassonne ou sur quelques jolies aberrations historiques (genre des officiers de la Wehrmacht qui donne des ordres à des SS !!), le problème principal est plutôt celui de l'interprétation, assez unanimement catastrophique, allant de l'encéphalogramme plat (match nul, de ce point de vue, entre le couple vedette, Patrizia Gori et Jack Taylor) à l"over acting" éhonté (Jacques Marbeuf dans le rôle du colonel de la forteresse, perpétuellement bourré, et surtout Jacqueline Laurent, dont la composition en Helga Hortz très cuir, très camp, total look Tim Curry dans le Rocky Horror Picture Show, en fait, finit par être assez réjouissante). Et la post-syncho particulièrement approximative n'arrange rien, que ce soit en français ou en anglais, Artus ayant choisi de privilégier par moments la version anglaise, de meilleure qualité technique, apparemment. Et bien sûr ces satanés manques de moyens ! Pas de budget hémoglobine, manifestement, obligeant les acteurs à retomber en enfance chaque fois qu'on leur tire dessus, se tenant l'endroit du corps censé être touché dans un râle puis tombant théâtralement sans qu'on ne voit jamais la moindre goutte de liquide rouge. Pour le coup, on ne peut pas reprocher à ce film de donner dans le gore...

"Vous êtes sûr que ce sont vraiment les dialogues de cette scène, Lieutenant ?..."


Mais alors, dans le sexe, au moins ? Oui, là, on peut pas nier... Encore qu'il faille attendre la demi-heure de film pour la première scène de sexe, une séance de lesbianisme assez furtive entre deux prisonnières d'un camp nazi (on laissera à chacun l'appréciation de l'opportunité de titiller la libido du spectateur avec ce type de situation...). Et carrément plus d'une heure de film pour enfin apprécier la plastique de la vedette (plastique évidemment 100 % naturelle, ce qui est follement rafraîchissant à l'heure du tuning érotico-porno). Tout laisse néanmoins supposer que quelques scènes de bacchanales (lorgnant manifestement du côté des Damnés viscontiens...) ont pu donner lieu à des prolongements plus explicites dans une version "ixée" du film. D'autant plus que nombre de figures légendaires du X français de l'époque (Claudine Beccarie, Richard Allan, Alban Ceray...) mettent plus ou moins la main à la pâte. Rajoutons-y également l'intriguant Jacques Marbeuf, troisième couteau chez des cinéastes "bien sous tous rapports" comme Anatole Litvak (La Nuit des généraux), Henri Verneuil (La Vingt-cinquième heure, Le Clan des Siciliens), Jean Herman (Adieu l'ami), Jean-Pierre Melville (L'Armée des ombres), Costa-Gavras (L'Aveu), Marcel Camus (Le Mur de l'Atlantique) ou Philippe Labro (L'Héritier), mais dont la carrière prit un tour assez radical au moment de l'"explosion" du X français, vers 1974, en enchaînant des pornos au titre aussi évocateurs qu'Il était une fois... la chatte mouillée, Les Jouisseuses, La Sucette magique, Hyperpénétrations, Les Enfonceuses expertes (!), Scrabble partouzes (!!) ou Monique et Julie, deux collégiennes en partouze. Ce dernier film, comme plusieurs autres, étant réalisé par Alain Payet, le réalisateur de Nathalie, véritable stakhanoviste de l'industrie du hard, jusqu'à sa disparition tragique, en décembre dernier. Comme le fait judicieusement remarquer l'éminent journaliste spécialiste du cinéma de genre Christophe Lemaire dans un bonus à la réalisation à l'avenant du film lui-même (très relâchée, on va dire...) mais néanmoins riche en infos croustillantes, impossible d'imaginer aujourd'hui des pornos avec ce genre de titres pas du tout sexuellement correct !

En plein coeur du sujet nazisploitation...


Nathalie dans l'enfer nazi, au même titre que tous les films similaires de cette époque révolue, constitue davantage un "document" sur l'histoire de la production cinématographique (d'une certaine production, disons) qu'une "oeuvre" proprement dite. Mais il est bon que certains éditeurs remettent un peu en lumière tous ces artisans qui ont souvent travaillé le mieux qu'ils ont pu en fonction des moyens mis à leur disposition, et aussi de leur propre talent, il faut bien le dire...
Et puis avouez que ce serait dommage de passer à côté de cette réplique de Jack Taylor (officier de la Wehrmacht, je le rappelle...) à Jacqueline Laurent : "C'est à cause de pratiques comme les vôtres que les gens ont une mauvaise image de nous !"...

Le trailer du film :





Share/Save/Bookmark 






Commentaires
Pas de commentaires pour le moment
Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot en dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Sorties salles
         Sorties DVD
         Hors Actu
         Entretiens
         Dossiers/Hommages





FERMER