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Paolo Sorrentino - "Il Divo" (Avant-première)

Sorties salles
Posté par Marion Oddon le 2008-12-03



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Alors que sont sortis récemment « Mesrine » (commercial) et la « Bande à Baader » (controversable), le napolitain Paolo Sorrentino s’attaque à la période du « règne » Andreotti dans son nouveau long-métrage.


Très bien accueilli par les critiques lors de sa présentation à Cannes, ce film se démarque par sa volonté affirmée d’une esthétique léchée, très proche de Scorsese. Avec un générique digne des plus grands (voir notre bonus du dimanche sur ce thème) avec de véritables « personnages », arrogants, provocants, et au sommet des hautes instances du gouvernement… Où le pape fricote avec le pouvoir en place, où les témoins gênants disparaissent et les opposants se suicident toujours au meilleurs moments…Un monde corrompu, qui pourrait être celui d’un scénario, qui est en fait celui des italiens depuis des décennies.



Véritable brûlot politique, recherche artistique, le film de Sorrentino a étrangement quelques similitudes avec les films « Zabriski point » d’Antonioni et « Punishment Park » de Watkins, pour ce mélange entre onirique et réel, ce travail du montage nerveux, et bien sur la force contestataire qui s’en dégage.
Force aussi mais tranquille cette fois pour Andreotti, interprété par un Toni Servillo qui se métamorphose, se voûte et se tasse, adoptant mimiques et simagrées avec une véracité confondante.

Andreotti, ironiquement désigné El Divo (Dieu), autrement surnommé l’Inoxydable, il Gobetto (joli petit-bossu), le Moloch, la Salamandre, le Pape noir, l’Éternité… Une manière de rendre un hommage cynique à son omniprésence sur la scène politique pendant plus de cinquante années.



« Quand on demanda à Jésus ce qu’était la vérité, il ne répondit pas », voilà l’une des nombreuses répliques de Giulio Andreotti, devenu au fil du temps un objet de curiosité, d’une solitude exacerbée et d’un érudisme incommensurable…au service du mal. Car ce qui est troublant dans cette réalité, c’est ce rapport qu’il entretient avec la religion : fervent et dans le même temps dépourvu de toute moralité…
Cette dualité et cette ambivalence, c’est encore Andreotti qui en parle le mieux :
« Il est difficile d’expliquer l’Italie aux étrangers. Chez nous les trains les plus lents sont appelés accélérés, et le journal du soir sort le matin »…Ce qui explique sans doute que seul un italien ai pu faire des films comme Pasolini en son temps…

Andreotti, personnage trouble et muet, dont Fellini disait « Il est le gardien de quelque chose (…) qu’on ne comprend pas bien ». Incroyable film qui malgré ces silences garde une densité lourde et palpable…qui nous plonge sous une chape de perplexité…parfois même un peu déroutante si l’on ne maîtrise pas bien les tumultueux rebondissements de la vie politique italienne.





En bonus donc voici pour vous une (très) brève chronologie, qui vous permettra sans doute de démêler quelques nœuds d’intrigues bien ficelés :
(ou du moins vous en montrera la complexité)

11 mars 1978 - 20 mars 1979. Quatrième Gouvernement Andreotti.

16 mars 1978. Aldo Moro, président de la Démocratie Chrétienne, est enlevé par les Brigades Rouges.


9 mai 1978. Le cadavre d’Aldo Moro est retrouvé via Caetani.

20 mars 1979 - 4 août 1979. Cinquième gouvernement Andreotti.

20 mars 1979. Assassinat du journaliste Mino Pecorelli.

27 mars 1993. Le parquet de Palerme demande la levée de l’immunité parlementaire du sénateur Andreotti.

26 septembre 1995. Début à Palerme du procès Andreotti, accusé de complicité avec la mafia.

30 avril 1999. Pérouse, ouverture du procès des meurtriers présumés du journaliste Mino Pecorelli. Les magistrats demandent la réclusion à perpétuité pour l’ensemble des accusés : Andreotti, Vitalone, Badalamenti et Calò.

1er juin 1991. Andreotti est nommé sénateur à vie pour «Mérites dans le domaine social et le domaine littéraire».

23 octobre 1999. Le tribunal de Palerme acquitte Andreotti de l’accusation de complicité avec la Mafia.

16 novembre 2002. La cour d’appel de Pérouse condamne Andreotti et Gaetano Badalamenti à 24 ans de réclusion pour le meurtre du journaliste Mino Pecorelli.

30 octobre 2003. La Cour de cassation annule la sentence de la cour d’appel de Pérouse.

15 octobre 2004. La seconde section pénale de la Cour de cassation confirme la sentence de la cour d’appel de Palerme.



SORTIE SALLE LE 31 DECEMBRE 2008




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Commentaires
De : noodles

"mesrine" commercial ? le genre d'étiquette qui oublie que richet s'est complètement investi là-dedans et qu'il a réfléchi un moment à sa mise en scène : le film est inégal (partie 2 moins prenante que la prems),discutable si vs voulez mais pour une fois que ça transpire l'amour du cinéma...

De : noodles

J'irai pas voir il divo. Les 4 photos ci dessus m'en dissuadent, et pr résumer mon pressentiment, un adjectif kubrickien : MONOLITHIQUE (TOC)

De : Marion

Ouah le grand noodles a des visions maintenant mais c'est INCROYABLE...et ben mon gars ne tentes pas une reconversion dans la taromancie ou tu te retrouveras très vite en train de lécher les gouttes de pluies du béton qui te servira de maison...

et pour ta gouverne réflexion n'est pas synonyme de réussite...

De : Tony Ô

Merci pour cet article. Le cinéma italien fait décidément preuve d'une vitalité remarquable. A quand un film équivalent en France? Et ne dites pas qu'on manque de candidats politiques!

PS: "il Divo" serait plutôt à traduire par "la vedette, la star"

De : Tom

Il Divo c'est bon, Mesrine quelle belle merde !!! Ouais je suis très objectif ^^!

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