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Jullian Angel en interview |
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Dans le clip de « The Strong », Jullian Angel voulait absolument voir quelqu'un courir. La solitude du coureur de fond, semblable à celle du lonesome folk singer... Quelques mois après sa sortie, son dernier album, « Kamikaze planning holidays » ressemble fort à un traité de paix avec la mélancolie, d'une grande franchise et d'une intense exigence. Ce chercheur en âme humaine poursuit l'idéal d'un équilibre fragile : des instruments (guitare, theremine, banjo) presque apaisés au service de mots fiévreux. Il est fortement recommandé d'aller voir Jullian Angel en concert, de prendre le temps d'apprécier combien la rencontre est belle, combien tout cela sonne juste.
Prochains concerts :
le 2 mars à Metz (La Chaouée)
le 20 avril à Biarritz (l'Atabal)
le 21 avril à Bordeaux (El Chicho)
le 2 juin à Meyzieu – TBC (Festival Tant Libre)
Quand as-tu commencé à écrire ce disque ? Pas trop difficile d'être « sans disque à finir » maintenant qu'il est sorti ?
J’ai écrit cet album en quelques semaines, de mai à juillet 2008, peu après une série d’évènements personnels qu’on qualifiera pudiquement de très « marquants ». Au départ, je voulais écrire un roman plutôt qu’un disque, et puis ce morceau « Insane men are locked outside » est venu un après-midi, ensuite j’étais lancé…
J’ai soudainement la voie libre en effet, sans deadlines imminentes à respecter, maintenant que sont sortis mes 2 Lp consécutifs (l’album acoustique « For a ghost… » ayant précédé « Kamikaze… »). Alors je savoure plutôt cet « entre-deux », qui permet de retrouver une vie sociale, et d’être mieux focalisé sur les concerts. Je redeviens plus curieux aussi, musicalement.
Maintenant que le disque est terminé, te sens-tu un peu en vacances de certaines choses ?
Pas des chansons directement, puisqu’elles continuent à vivre sur scène, en prenant d’autres résonances. Quant au vécu que porte l’album, j’ai fini par l’aborder également sous forme littéraire, dans un mini-roman dont une 1ère mouture est parue sur mon blog, Bones making flesh. http://julliangel.wordpress.com/
Clairement, 12 textes pop-folk ne suffisent pas à « prendre congé », mais un triple-album n’y changerait rien ; il existe des thérapies bien moins contraignantes que de produire seul un album indie pendant 1 an et demi… Je ne l’ai pas fait pour moi, y être parvenu met une première distance salvatrice, néanmoins.
Y a-t-il un titre qui tient une place particulière sur l'album ?
Tous. Une track-list est comme un équilibre vital, quand vous enlevez un morceau, l’ensemble vacille. Si je devais en pointer un, ce serait peut-être « A choice » ; difficile d’être plus honnête qu’avec ce texte là. Brutal truth…
Je trouve que la pochette a un côté militant solitaire. As-tu une phrase, une ligne de paroles de chansons qui te serve de pierre angulaire ? Si tu écris une nouvelle pancarte pour le prochain album, sais-tu déjà ce qui sera écrit ?
« Only faith in time can rule your future ». Ou peut-être les 2 premiers vers justement… :
“I recall the night when you spoke of giving birth...
We were torn about laying down a soul on earth.”
Quant à écrire une autre pancarte, je verrais bien : « Kamikaze took the wrong flight »
Comment as-tu appris la musique ?
Principalement en autodidacte, et par une intense envie de créer surtout, le meilleur des professeurs. Le plus sévère aussi.
Fais-tu toujours des reprises en concert ? Il y a le magnifique Léonard Cohen mise en ligne chez L'oreille absolue et j'ai le souvenir d'une très belle version de « song to the siren ».
Cela m’arrive encore oui, même si mon propre répertoire m’impose déjà quelques choix cornéliens, pour un concert de 45 min / 1h. La version de « Song to the siren » a bien changé entretemps, mais je la rejoue parfois. Plus récemment, « So lonesome I could cry » (Hank Williams).
Une chanson que tu aimerais avoir écrite à la place de son auteur ?
Il y en aurait beaucoup... Disons « Nights in white satin » des Moody blues, par exemple.
Quels sont les disques /les artistes /les poètes les plus importants pour toi en ce moment ? Tes 5 disques du moment ?
Disons mes 5 disques importants du moment (pas forcément très actuels) :
Beth Gibbons & rustin man : « Out of season »
Bob Dylan : “Blood on the tracks”
Half Asleep & Delphine Dora : “You’re not mad, you’re just lonely”
Interpol : Turn on the bright lights
Dark dark dark : “Bright bright bright”
Qui est ton monstre préféré ? Ton super héros préféré ?
La femme. La femme.
Un héros dans la vraie vie ?
Je le cherche. Et parfois je la trouve.
Qu'aimerais-tu apprendre ces prochains mois/ ces prochaines années ? Des disques / des pans de musique non encore écoutés ?
J’aimerais combler mes lacunes en économie, en géopolitique ; parce qu’il devient impossible de suivre le cours des choses sans ces bases-là. Même si je préférerais largement combler mon inculture dans d’autres domaines : littérature, cinéma… Côté musique, je vais m’attaquer à la discographie de Simon Finn, vu récemment en concert.
Qu’as-tu appris de plus important ces derniers temps ?
Qu’on peut être humaniste et souhaiter la mort de quelqu’un. Cela aide à mieux comprendre l’histoire, ou ceux qui en deviennent les acteurs.
A quelle époque aurais-tu aimé vivre si tu avais eu le choix ?
Les années 50. Ou alors les 90’s, mais avec mon âge actuel.
Si tu pouvais vivre une journée dans la peau de quelqu'un d'autre, qui choisirais-tu ?
Mon pire ennemi, pour voir s’il m’aime encore un peu. Et j’irais acheter mon dernier album, afin d’en dire du mal.
Sinon, dans la peau d’un garçon de 8 ans devant une belle boîte de Lego…
Si on te proposait d'inventer quelque chose spécialement pour toi, que demanderais-tu ?
Un appareil à brushing instantané, qui coiffe durablement en seulement 5 secondes. Pratique pour gagner du temps au réveil…
Quel est ton endroit préféré sur terre ?
N’importe quel lieu transfiguré par l’amour.
Une habitude que tu essaies de perdre ?
La procrastination.
Une que tu essaies de gagner ?
Le sens de l’organisation.
As-tu un jeu de mot idiot préféré ? Une maxime ?
Une maxime idiote de mon cru :
« Le meilleur moyen d’être encore connu à 60 ans, c’est de mourir avant d’en avoir 30 ».
Jullian Angel - The Strong from VideoTrack on Vimeo.
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